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janvier 2003 |
Les Jeudis de l'Europe
Le
cancer du poumon avancé : une maladie qui devient chronique ?
Dr M Vincent Le cancer du poumon est le cancer d’organe le plus fréquent .
Son incidence chez l’Homme est en France de l’ordre de 70 pour 100 000
habitants et chez la femme de 7 pour 100 000 habitants. Le taux de mortalité
n’est qu’inférieur d’environ 10% au
taux d’incidence ce qui en fait le cancer le plus meurtrier. En effet
si les petites tumeurs opérables ont un pronostic de guérison à 5 ans qui
peut atteindre 60%, l’écrasante majorité des cancers pulmonaires diagnostiqués
sont des cancers de Stade III et IV dont le pronostic à 5 ans est de 25% pour
les Stades IIIA mais 3 à 7% pour les Stades III B et 1% pour les Stades IV métastatiques. A propos de l’observation d’un cas d’emblée métastatique
ayant survécu plus de deux ans, nous insistons sur deux aspects thérapeutiques
récents : -
l’apparition depuis 5 à 10 ans de nouvelles molécules
anti-mitotiques mieux tolérées et susceptibles d’être administrées plus
longtemps, chez des patients plus âgés, éventuellement à domicile avec
participation du médecin généraliste et/ou de l’équipe de
l’hospitalisation à domicile : Navelbine*, Gemzar*, Taxol*, Taxoter*.
Ces molécules permettent un recul ou une stabilisation de la maladie au prix
d’effets secondaires modérés. -
l’arrivée récente des nouvelles thérapeutiques
biologiques ciblées : ces médicaments n’agissent pas au niveau de la
mitose , mais au niveau du blocage de certains récepteurs de facteurs de
croissance , hyper exprimés par la cellule cancéreuse, et situés de part et
d’autre de la membrane cellulaire. Le pronostic de certaines tumeurs
digestives sarcomateuses vient d’être transformé par l’arrivée du Glyvec*.
Des cas de réponse après échappement à la chimiothérapie classique
ont été notés avec l’Iressa* qui est en
attente de commercialisation pour le cancer pulmonaire. La tolérance est considérée
comme correcte avec, après prise orale quotidienne, de simples effets cutanés
ou à type de diarrhée . Cependant un risque de pneumopathie
interstitielle semble avoir été sous-estimé.
Ces nouvelles thérapeutiques n’en représentent pas moins une voie très
prometteuse. Ainsi, des possibilités thérapeutiques variées, une
meilleure tolérance permettent d’envisager parfois des stabilisations ou des
réponses tumorales prolongées même dans le cadre de maladies métastatiques.
Les peptides natriurétiquesJ.F. AUPETIT et H. COQUELIN Le BNP ou peptide natriurétique de type B est une hormone sécrétée par les myocytes principalement ventriculaires en réponse à différents stimuli dont l'étirement (ou stretch) des fibres myocytaires. A ce titre, c'est un marqueur non invasif bien corrélé à la pression télédiastolique ventriculaire gauche. Le suivi d'un patient atteint d'une insuffisance cardiaque est actuellement très tributaire d'éléments subjectifs issus de l'examen clinique comme la classification de la NYHA ou de paramètres paracliniques informatifs mais chers et lourds comme l'échographie cardiaque ou la mesure de la consommation en oxygène du myocarde. Le dosage du BNP est un examen biologique de plus en plus répandu actuellement inclus dans les dernières guide lines de la société européenne de cardiologie concernant le diagnostic de l'insuffisance cardiaque. Plusieurs études ont démontré qu'un taux de BNP restant élevé sous traitement médical jugé optimal est corrélé à la survenue de réhospitalisations ou de décès. Le seuil de BNP considéré comme étant de mauvais pronostic est variable en fonction des études et des méthodes de dosage utilisées. Le BNP permet d'affiner l'impression clinique et d'optimiser les résultats de certains examens comme l'échocardiographie. A ce titre, il a actuellement sa place dans le bilan de suivi du patient atteint d'une insuffisance cardiaque. Il faut cependant encore réaliser des études de suivi sur de larges cohortes de patients afin de pouvoir déterminer sa place dans la hiérarchie du suivi du patient insuffisant cardiaque chronique.
Les
puces à ADN vont-elles révolutionner la biologie ?
Yves
BOUCAUD-MAITRE, Sylvie THOINET, Les applications au domaine médical
utilisent principalement la technique de PCR (polymerase chain reaction), soit
pour rechercher des gènes mutés (ex hémochromatose), soit pour identifier ou
quantifier des bactéries (ex BK) ou
des virus (ex VIH, VHC). La PCR est encore réservée à des
laboratoires spécialisés en raison de la lourdeur de cette technologie, et ne
permet de rechercher qu’une seule séquence à la fois. Les « biopuces » , qui
représentent une miniaturisation de ce principe, permettent de mettre en évidence
simultanément et en une seule étape
des milliers, voire des centaines de milliers des séquences différentes :
Sur un support de très petite
taille en plastique, en silicium ou en verre (de l’ordre de 1 cm2) sont greffées
ou synthétisées directement des sondes spécifiques. L’échantillon à étudier
subit une extraction pour fractionner les acides nucléiques. Les séquences libérées
sont multipliées (amplifiées), puis hybridées
sur le support avec les différentes sondes. Un laser balaie ensuite la biopuce,
excitant la fluorescence partout où il y a eu hybridation. Un logiciel de
reconnaissance permet de déterminer quelles sont les sondes qui ont été
hybridées.
Les biopuces constituent un procédé encore coûteux, compliqué et peu sensible, mais qui est appelé à évoluer en raison de l’énorme marché potentiel que représentent ses applications.
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