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SEP7

 

La gestion du handicap

Maria-Carmelita SCHEIBER NOGUEIRA
neurologue, urologue, CHU de Strasbourg

 

La SEP est la plus fréquente des maladies neurologiques évolutives en France, et par son âge de survenue (entre 20 et 40 ans), elle constitue une des causes principales d’invalidité neurologique de l’adulte jeune. Parallèlement à la durée de la maladie, son évolution et son polymorphisme clinique engendreront des difficultés familiales et sociales liées à l’apparition de différents handicaps.

Le vécu du handicap dans ses multiples désavantages sera le point principal dans la prise en charge de la qualité de vie des malades. Celle-ci recouvre trois grands domaines : physique, psychologique et social.

Les handicaps physiques : Associés à l’évolution de la maladie et aux lésions des différents systèmes neurologiques.

·         Troubles moteurs : Liés à une atteinte sur les voies pyramidales avec perte de la force musculaire et spasticité.  Elle peut toucher les membres inférieurs et/ou supérieurs mais la paraparésie spastique évolutive est beaucoup plus fréquente. Cliniquement ceci correspond à l’installation progressive de troubles de la marche. Cette difficulté motrice s’y associe fréquemment à des troubles de la sensibilité profonde des membres inférieurs ainsi qu’à des troubles de la coordination avec une ataxie. L’ensemble de la symptomatologie est aggravé fréquemment par l’existence d’une fatigue chronique, souvent sous-estimée par le médecin et incomprise par l’entourage.

       L’ensemble de cette symptomatologie évolue vers une réduction progressive du périmètre de marche jusqu’au confinement dans une chaise roulante.

       Facilement identifiables, les troubles de la marche sont le point principal dans évaluation du handicap moteur dans l’EDSS.

·         Troubles visuels : peuvent être liés a la perte de l’acuité visuelle, mais aussi a des troubles de la oculomotricité (diplopie).  

·         Troubles sensitifs : perte de la sensibilité profonde ou superficielle au niveau des membres (le plus souvent, les membres inférieurs) ou présence de paresthésies/dysesthésies voire de douleurs.

·         Troubles urinaires : connus mais sous-estimés, ils peuvent être le mode d’entrée de la maladie. Présents chez plus de 80% des patients ils sont une réelle cause de handicap quotidien entraînant des répercussions majeures, sociales, psychologiques et professionnelles. Les  troubles de la continence pouvant aller jusqu'à une incontinence par impériosité ainsi que la pollakiurie sont les symptômes les plus fréquents mais c’est la rétention urinaire chronique qui est à l’origine des complications infectieuses et uro-néphrologique les plus sévères.

·         Troubles sexuels : concernent entre 50 et 70% des patients. Source de conflits à l’intérieur du couple et touchant une population jeune, à l’âge de formation et consolidation de la vie de couple ainsi que de la procréation, le retentissement  de ces problèmes sur la vie affective de l’individu est majeur. Chez l’homme il s’agit le plus souvent de troubles érectiles ou de l’éjaculation, et chez la femme des  troubles de la lubrification, dyspareunie, perte de la libido et/ou de l’orgasme.

·         Troubles du transit intestinal : le plus souvent, une constipation terminale et avec l’aggravation des troubles moteurs, la constipation devient fréquemment mixte. L’incontinence est plus rare et associée à une impériosité fécale.

·         Troubles de la coordination : liés a une atteinte cérébelleuse, l’ataxie étant le symptôme le plus fréquemment rencontré. Cependant les troubles cérébelleux des membres supérieurs sont un handicap majeur avec installation rapide d’une dépendance vis à vis de l’entourage même pour les actes de la vie quotidienne.  

Le handicap psychologique : Les répercussions psychologiques d’un diagnostic tel que la SEP sont présents dès la phase de diagnostic de la maladie. Ainsi une attention particulière doit être portée à l’annonce du diagnostic et aux explications sur la prise en charge de la maladie. Une grande part de la répercussion psychosociale de la maladie est liée à l’angoisse et aux mésententes, sources d’une détresse et d’une peur de la déchéance physique voire mentale. Par ailleurs, les troubles cognitifs tels que les déficits mnésiques ainsi que les atteintes des fonctions exécutives et de l’attention sont fréquemment présents (40 – 60% des patients), ils ne font qu’aggraver la souffrance psychologique et les sentiments de frustration et de dépendance. Le retentissement des différents troubles moteurs et psychologiques induit un syndrome dépressif dans environ 40% des malades avec un risque de suicide multiplié par 7.5 par rapport à la population générale. La perte de la confiance en soi avec une dépréciation  de l’image de soi s’aggrave avec l’abandon et l’incompréhension de l’entourage.  L’apparition de troubles urinaires et sexuels est un facteur d’aggravation du handicap psychologique et d’installation rapide du syndrome dépressif. Ils sont aussi directement impliqués dans la formation ou pérennisation des conflits du couple avec souvent des divorces surtout si c’est la femme qu’est atteinte d’une SEP.  

Le handicap social   : surtout caractérisé par les problèmes  liés a une perte de la vie sociale et les problèmes professionnels. La diminution de la vie sociale est fréquemment corrélée à l’apparition ou l’ aggravation des difficultés motrices, et surtout à l’installation d’une symptomatologie urinaire. Il existe aussi les mésententes et l’incompréhension de certains membres de l’entourage, ou même de la famille,  qui décident par peur, ou par pudeur, d’éviter les malades atteints d’une SEP. Du point de vue professionnel, les études confirment que la moitié des patients sclérosés en plaque ont perdu leur emploi entre 10 et 15 ans après le début de la maladie (les femmes ont un taux d’employabilité moindre que les hommes).

 

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